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Domotique

DomotiqueMars 2015

Maison connectée, des prototypes déjà visibles

Piloter son logement depuis un smartphone, du réfrigérateur à la porte d’entrée, c’est possible. Immersion au cœur des smart home ou maisons intelligentes qui pourraient bientôt se généraliser.

Depuis quelques temps, les Rennais peuvent se rendre dans un curieux logement, au 14 rue Bertrand. Une maison intelligente de 60 m², avec un salon, une cuisine, une chambre et un patio. Ce lieu, inauguré le jeudi 26 mars 2015, est une smart home, imaginée par la société bretonne Delta Dore.

Depuis un téléphone ou une tablette, les visiteurs gèrent en direct la consommation d’énergie de l’habitat en régulant la température intérieure, ou en allumant les lumières. Une série d’actions rendues possible grâce à un boîtier, véritable centre de pilotage, installé dans le logement. Des modules complémentaires sont à fixer, par la suite, sur les objets à commander. Ne reste qu’à télécharger une application sur son smartphone et la maison peut être commandée à distance.

DÉSACRALISER LA DOMOTIQUE

La société Delta Dore fait partie des entreprises qui profitent de l'engouement de la population pour la maison connectée. En 2013, le secteur de la domotique ne représentait que 20% du chiffre d'affaires de la compagnie contre 40% en 2014.

"Nous voulons désacraliser la domotique", rapporte-t-on du côté de Delta Dore. Le prix des kits d'installation est revu à la baisse afin de toucher un large public. 2500 euros l'ensemble complet avec une box et des récepteurs permettant de contrôler le chauffage, l'éclairage les alarmes et autres portails électriques, sans recourir à un installateur pour un 200m². La facture grimpe à 3500 euros, lorsqu'un professionnel se déplace. Une exception sur le marché de l'habitat intelligent. 

DES PROTOTYPES DE PLUS EN PLUS INNOVANTS

Les recherches sur la domotique, en plein boom depuis quelques années, se développent rapidement. Les géants de l’électronique mondiale présentent fréquemment des nouveaux modèles de maisons connectées. C’est le cas de Mitsubishi. Dévoilé il y a peu de temps, l’habitat du futur de la firme japonaise combine capteurs corporels et équipement intelligent.

Les habitants sont ainsi identifiés automatiquement devant la porte d’entrée grâce à un appareil photo. Les poignées recueillent des informations biologiques concernant la température du corps ou le rythme cardiaque afin d’évaluer les conditions physiques des visiteurs et résidents. Le frigidaire propose alors des recettes en fonctions des données recueillies sur l’état de santé des individus et des produits disponibles dans la maison. Des conseils sur la cuisson et la préparation sont à lire sur le plan de travail. 

BOX OU INSTALLATION COMPLÈTE : UN CHOIX ARDU  

Si la smart home de Mitsubishi appartient encore à l’avenir, des box sont disponibles, un peu partout, en grande surface, pour rendre son logement intelligent. Au prix moyen de 150 euros, l’usager doit encore dépenser près de 50 euros par modules pour connecter tel ou tel objet. Des produits accessibles ? Pas si sûr, selon Gilles Santerre, directeur du cabinet d’études spécialisé dans la domotique Agiclic : "Ce type de publicité est souvent incomplète. La domotique est présentée de manière simple, or il faut encore savoir si l’objet est connectable ou s’il est compatible avec la box achetée. L’utilisateur devra également télécharger à une application distincte pour chaque appareil connecté."

Les domoticiens recommandent généralement une installation complète de l’habitat à partir du système électrique. Pour 17 000 euros en moyenne, il est possible de contrôler à distance le chauffage, les lumières ou les volets de son domicile. Un coût encore "élevé" pour Raphaël Houis, directeur du bureau d’intégration Domesys. "La domotique aujourd’hui reste l’apanage d’une clientèle haut de gamme ou très haut de gamme" explique-t-il. "C’est presque devenu une norme pour ces utilisateurs-là. Les particuliers moins aisés préfèrent encore réduire au maximum le budget consacré aux travaux ou à la rénovation. C’est la faute au foncier, qui est encore cher en France."

DES DONNÉES PERSONNELLES À PROTÉGER 

La domotique pose aussi la question de la protection des informations des usagers. Pour Raphael Houis, si l’on prend une maison connectée par l’installation électrique, alors le risque est moindre : "Aucune donnée personnelle n’est requise. Le seul risque serait un piratage du système informatique de la maison. Les hackers pourraient moduler le chauffage ou éteindre et allumer les lumières, mais rien de plus". Un danger potentiel si le système prend en charge l’ouverture et la fermeture de la maison. 

Le vrai problème viendrait plutôt des objets connectés. Leurs données sont stockées sur les plateformes informatiques des constructeurs. À eux de garantir, au mieux, la protection de ces informations parfois sensibles (état de santé, mails etc). 

Ludovic Clerima © Explorimmo